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Affichage des articles du juillet, 2025

lettre de christine (doc de travail)

 Mon Hadrien, J’écris sans savoir si tu liras ces mots. Peut-être resteront-ils dans mon carnet, peut-être te les glisserai-je un jour dans la paume, comme on offre une clé. Je me découvre à t’aimer d’une manière que je ne comprends pas. Ce n’est pas l’amour tranquille qu’on m’a décrit autrefois, celui qui se contente des gestes convenus. C’est un amour qui me fait trembler, qui me déshabille jusque dans mes pensées. Quand je ferme les yeux, je sens encore ton odeur sur mes cheveux, la chaleur de ta main sur ma nuque, ce silence qui nous enlace plus fort que mille paroles. Tu as fait de moi une femme qui s’agenouille sans honte. Une femme qui ouvre les mains et les cuisses, qui se laisse lier, qui se laisse lire. Dans ton regard, je ne suis ni coupable ni soumise : je suis offerte. Et c’est dans cet abandon que je me sens la plus libre. Je pense à tes gestes comme on se souvient d’une prière : le cuir qui effleure, le souffle qui précède, l’attente suspendue avant que tout basc...

compte rendu de Yule document de travail

  Les organisatrices du jour sont Fanny (ex attachée de presse, divorcée 45 ans ) et Nathalie (50 ans , musicienne d'orchestre professionnelle). Il se fait que le fils de Fanny et la fille de Nathalie sont mes élèves au Kali. Donc j'ai accepté l'invitation pour maintenir de bonnes relations. Fanny est la maîtresse de cérémonie. Elle nous accueille dans une salle banale du village voisin. La participation aux frais est de 75 euros par personne, comprenant une restauration fournie par le resto marocain du coin. Chacun de nous doit amener un tapis ou une couverture parce qu'on va passer la plupart du temps au sol; Au centre de la place le fameux autel avec les statues de Cernunnos et Bouddha,un tambourin, un ou deux brûle-encens. Nous sommes invités à "recharger" nos pierres personnelles sur l'autel. Je vois des participantes qui y déposent un pendentif ou un bracelet. Je me réfugie dans un coin de la place. Nous sommes une quinzaine dont seulement deux hom...

KEndo + Réécriture (travail en cours)

 C'était un bâtiment banal, un rectangle de béton couvert d'un toit plat, niché à côté de dizaines d'autres dans cette zone industrielle de banlieue. Quelques luminaires éclairaient le parking où sept ou huit voitures étaient encore parquées. En journée il devait être plein mais à cette heurs seuls les habitués du club le fréquentaient encore. Christine reconnut la voiture d'Hadrien, se gara près de lui, sortit rapidement de son véhicule. Elle resserra vivement son manteau autour d'elle. Le vent d'automne était traître. Quelques pas en direction d'une porte laissée entrouverte d'où filtrait une lumière jaunâtre. Elle entendit un cri rauque suivi du bruit de choses qui s'entrechoquent. Elle marqua un temps d'arrêt puis passa la porte. A sa droite, un comptoir d'accueil abandonné, à sa gauche un immense tapis fait de rectangles rouges et bleus disposés en damier. Devant elle un panneau indiquant des directions : vestiaire, toilettes, salle. A...

DOUBLE ABECEDAIRE

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  A  comme   Attachée   (on dit bondagée pour faire le malin). Sur une chaise, sur un lit, sur une table, à une plafond, à une poutre, debout, agenouillée, écartelée, contrainte...mille et une variantes, mille et un plaisirs. a comme attentes :Je ne veux plus être la fée du logis d'un homme qui ne rentre chez nous que pour manger et me faire ce qu'il appelle l'amour. Je veux bien attendre, fardée, parée, aveuglée celui dont je serai la reine B  comme  Bas,  s'oppose à collants, se porte autoportant ou soutenu  des jarretelles. C'est vieillot, ça tire-bouchonne trop souvent, c'est incommode mais on n'a rien trouvé de mieux pour encadrer un sexe féminin. b comme ballerine : j'aimais danser petite fille, d'ailleurs j'ai gardé le maintien d'un authentique petit rat. Quand la musique me prend mes pas m'emmènent, haut, loin. Vous me ferez danser, n'est-ce pas ?  C  comme  Culotte  (petite) : pas de cela entre nous Mademoiselle. Ou co...

ECARLATE ET TOURBE

 Ils avaient quitté le cottage aux murs blanchis à la chaux au milieu de l’après-midi. La lumière, filtrée par les nuages, donnait au Connemara une douceur inattendue. Les collines de tourbe s’étendaient à perte de vue, parsemées de pierres grises et de lacs immobiles que caressait un vent salé venu de l’Atlantique. Entre les herbes hautes, des buissons de fuchsias sauvages éclataient en petites flammes écarlates, comme si la lande elle-même brûlait d’un feu discret. Christine avait retiré son haut et son soutien-gorge avant de sortir. Elle ne portait que sa jupe légère et le collier au cou. Cette nudité partielle, offerte à l’air tiède, avait quelque chose d’irréel : elle n’était ni provocante ni honteuse, mais d’une simplicité nue, presque sauvage. Hadrien, lui, était resté habillé — chemise claire, pantalon sobre. Il ne commenta pas. Il prit simplement sa main. Et ce geste, banal pour quiconque l’aurait vu, contenait pour eux deux une vérité éclatante : elle était à lui, et il...

athlone variante

 Le matin, Christine avait choisi de rester en ville. Elle avait trouvé un café tranquille près de la rivière, avec du Wi-Fi, et profitait de la pause pour prendre des nouvelles de ses enfants. Un appel vidéo, quelques sourires, des phrases banales : « Tout va bien ? Tu as mangé ? Bonne chance pour ton examen. » Rien de spectaculaire, mais cette normalité-là lui était précieuse. Hadrien, lui, avait préféré marcher seul. La forteresse d’Athlone se dressait au bord du Shannon, massive et grise, vestige des guerres passées. Il en parcourut les remparts presque vides à cette heure. Le vent sur ses épaules, le fleuve à ses pieds, il songeait. Au début, c’était simple. Elle s’agenouillait, j’ordonnais, elle obéissait. Des gestes clairs, des codes sûrs. Je savais où je me tenais, elle savait où se mettre. Et maintenant ? Plus je l’aime — oui, c’est bien ça, même si je ne l’ai pas dit — moins je frappe. Moins j’ai envie de frapper. Et pourtant… je sens qu’elle en a encore besoin. Non p...

Athlone

 Je ne comprends pas toujours ce qui m’arrive avec elle. Au début, tout était clair : il fallait la prendre, la plier, la marquer. Les gestes étaient simples : corde, fouet, genoux au sol. Elle savait où se placer, moi quoi ordonner. Un rôle, presque une partition. Mais plus je la fréquente… plus je l’apprécie. Et plus j’apprécie, moins je veux frapper. Non que le désir s’éteigne — au contraire. Il devient autre. Moins bruyant, plus brûlant. Le besoin d’imposer se transforme en besoin de la protéger , de la garder debout tout en la maintenant à genoux. Et pourtant… je sens qu’elle a besoin de ce cadre. Comme le pain dont on vit. Elle a besoin d’être tenue, désirée, soutenue, mais aussi contenue. Si je retire les chaînes, elle vacille. Si je les garde, moi je vacille. Alors je marche sur un fil. Un fil tendu entre le fouet et le baiser. Entre ce qu’elle attendait et ce qu’elle n’osait pas espérer. Peut-être que c’est ça, aimer.

KYLIMORE ABBEY

 La nuit avait enveloppé Killymore Abbey. Vue de l’extérieur, l’abbaye paraissait irréelle : un navire de pierre échoué dans la lande, toutes ses fenêtres illuminées comme des phares dans la brume. Le lac en contrebas reflétait ces centaines de feux jaunes et rouges, donnant à la bâtisse une aura presque enchantée. Christine marchait les yeux bandés depuis qu’ils avaient quitté leur chambre. Hadrien la guidait d’une main ferme mais tranquille à travers les couloirs de pierre. Les échos se mêlaient : chuintements de pas, craquement des planches, éclats de voix lointains. Parfois montait un bruit sec, rythmé : clac… clac… clac — des bâtons qui s’entrechoquaient quelque part, comme un duel invisible. Quand le bandeau fut retiré, la lumière l’éblouit. Devant elle s’étendait une grande salle lambrissée, baignée par la flamme des chandelles et la chaleur d’un feu de tourbe. Des silhouettes servaient des carafes de bière et de whiskey ; hommes et femmes vêtus de longues tuniques vertes, s...

LE PUB DE clifden

  Le pub de Clifden La nuit tombait sur Clifden et les pubs s’ouvraient comme des lanternes. Dehors, le vent d’ouest rabattait l’odeur du sel et des tourbières ; dedans, c’était la chaleur, la sueur, la bière et la musique. Violon, bodhrán, flûte : un trio enragé qui tirait des cris aux cordes et aux cœurs. Hadrien avait trouvé une table au fond, près de la cheminée. Christine, d’abord assise à ses côtés, s’était laissée happer par la danse. Les locaux l’avaient entraînée sans demander son avis, mains rugueuses, rires éclatants, claquements de pieds sur les lattes du plancher. Sa jupe tournoyait, ses cheveux s’éparpillaient ; elle riait, haletante, ivre de fatigue et de joie mêlées. Hadrien la regardait. Il ne souriait pas comme les autres. Il avait cette expression grave qui, chez lui, remplaçait l’ivresse. Les chansons se succédaient — airs d’indépendance, appels à la révolte et à la fidélité. Come Out, Ye Black and Tans fit trembler le plancher ; puis vint The Foggy Dew , so...

clonmacnoise

  Clonmacnoise Le matin était gris et calme. Le Shannon coulait lentement entre les prairies humides. Les ruines de Clonmacnoise se dressaient comme des silhouettes de pierre : croix celtiques, tours rondes, vestiges d’églises ouvertes au ciel. Le vent faisait frissonner l’herbe et portait le cri lointain d’une oie sauvage. Christine marchait lentement parmi les pierres. Ses pas résonnaient sur le sol de gravier. Ici, tout appelait au silence. Pas de musique, pas de combat, pas de foule : seulement l’écho de siècles éteints et le battement discret de deux cœurs encore en vie. Elle s’arrêta devant une grande croix, pencha la tête. Puis, sans réfléchir, elle s’agenouilla. Non par soumission cette fois, mais par respect. Hadrien s’approcha. Il avait dans la main une petite boîte qu’il n’avait pas encore ouverte. Il ne dit rien. Il s’agenouilla lui aussi, à côté d’elle. Leurs genoux touchaient la terre humide. Il prit sa main gauche, la serra. Ouvrit la boîte. Une bague : or mat, d...

DUNN AONGHASA

  La falaise de Dun Aonghasa Le soleil descendait lentement vers l’horizon. À l’ouest, l’Atlantique s’embrasait de reflets cuivre et pourpre, ses vagues heurtant la falaise dans un grondement sourd. Le vent, chargé d’embruns, balayait la lande et s’engouffrait entre les murs de pierre sèche de la forteresse. Christine marchait en silence derrière Hadrien. Ils avaient quitté le port bien avant la foule des ferrys. Maintenant, les îles d’Aran leur appartenaient : rien que le vent, la mer, et la rumeur antique de Dun Aonghasa. Ils franchirent l’ultime mur de pierre et la falaise apparut, abrupte, verticale, plongeant à pic dans l’océan. Christine s’arrêta, saisie par le vide. Le vent tirait sur sa jupe, s’accrochait à ses cheveux mi-longs. Hadrien ne dit rien. Elle avança de quelques pas. Ses sandales crissèrent sur la pierre nue. Le bord était là, à peine un mètre devant elle. Le gouffre grondait. Un seul pas de plus et il n’y aurait plus rien — que l’air et la mer. — Penche-toi...

La salle d'attente

 Ce matin, prise de sang routinière. Une femme entre, trente-cinq ans peut-être. Beauté sauvage, sans maquillage, juste quelques bijoux discrets. Elle porte une robe en jean boutonnée devant, fendue jusqu’à mi-cuisse. Elle s’assied en face de moi, croise les jambes haut. La fente s’ouvre, laisse deviner presque le haut de la cuisse. Ses cheveux… même couleur que ceux de Christine. C’est ce qui m’a accroché d’abord. Pas elle. Le souvenir. Elle lit un magazine, sérieuse. Peut-être qu’elle pense à quelqu’un. Peut-être pas. Moi, je pense à toi. À la façon dont tu croises les jambes quand tu veux m’ignorer — ou m’attirer. Rien n’est arrivé. Elle n’a même pas levé les yeux. Mais je me suis senti vivant, comme si nous avions passé la nuit à nous aimer. 
  EXTRAIT D’ENTRETIEN PSYCHOLOGIQUE – VERSION INTÉGRALE, RETRAVAILLÉE Dossier n° 89-34-CH. Agent : Hadrien [Nom], catégorie A. Psychologue : Dr. C. Leysen. Lieu : bureau 312, Service Santé & Prévention. Durée : 52 minutes. Dr Leysen : Vous avez accepté cet entretien ? Hadrien : Je n’ai pas vraiment eu le choix. Dr Leysen : Et si vous l’aviez eu ? Hadrien : J’aurais dit oui. J’en avais besoin. (Silence. Grattement de stylo.) Dr Leysen : Vous avez frappé un homme. Hadrien : Oui. Dr Leysen : Pourquoi ? Hadrien : Parce que je ne voulais pas exploser ailleurs. Dr Leysen : Exploser ? Hadrien : J’ai ça en moi. Une sorte de masse chaude. Une bête. Elle ne parle pas. Elle pousse. Et parfois, je ne sais plus si je la tiens en laisse ou si c’est elle qui me tient. Dr Leysen : Depuis quand ? Hadrien : Depuis toujours, je crois. Mais je l’ai sentie pour la première fois au camp, enfant. Quand je me suis battu pour ne pas me laisser faire. J’ai cru ce jour-là que je serais tranq...

1-2-3

 — Monsieur Hadrien ? Il y a un problème. Le chef de cabinet bloque l’envoi des invitations. C’est la grande patronne. En ligne directe. Pas un appel qu’on ignore. Je raccroche, saute dans mes chaussures. Je suis tout jeune chargé de communication — à peine  trentenaire — et déjà plongé dans un théâtre d’ombres : la grande institution, ses services, ses cabinets, ses egos. Techniquement, les dossiers sont préparés par l’administration. Politiquement, ils sont validés par les ministres et leurs entourages. Dans la réalité, cela frictionne souvent. Et ce jour-là, ça frictionne sec. Devant la porte du chef de cabinet, Véronique pleure. Une secrétaire douce, appliquée, très correcte. C’est la dix-neuvième version de sa lettre d’invitation qui lui revient rejetée. Je demande à voir : rien de choquant, pas de faute. Une phrase polie, une heure, un lieu, un petit-déjeuner. Rien qui mérite la moindre larme. Et pourtant, elle est en miettes. Je frappe. À peine entré, il m’aboie...

Le camp (journal de Christine)

 C'était un dimanche d'été, fin juillet début août, je ne sais plus. Nous n'avions pas prévu de nous voir mais Hadrien est passé me saluer à la maison. Nous n'en étions pas au point d'évoquer de vivre ensemble. Tout était neuf entre nous. Bref, j'étais occupée à la lessive et il s'est emparé de la manne de linge sale pour m'aider. Soudain je l'ai vu blêmir. Il tenait en mains la chemise scoute de mon fils qui était revenu du camp deux jours auparavant. "Tu sais j'ai porté la même, il y a ...tu ne devais pas être née. J'étais dans la troupe du village patronée par le curé de l'époque, un ancien missionnaire qui n'avait pas vraiment oublié le Congo. J'avais neuf ou dix ans. Nous étions partis en camp, du côté de Namur, dans une ferme. C'était, on va dire rustique. L'eau au robinet, les toilettes un trou dans un sous-bois et peu de savon à l'horizon. Je logeais sous tente avec deux gars de mon âge. Un jour pendant la...

Journal de Christine (extraits)

Ce jour-là, le facteur a sonné. C’est rare. Il dépose d’habitude tout sans un mot. Mais là, il m’a tendu une enveloppe carrée, ivoire, lourde de silence. Un papier gaufré, à l’ancienne. Mon nom calligraphié, une écriture ronde, presque appliquée, comme un souvenir d’enfance. Et au dos, à l’endroit du cachet, un simple H. Rien d’autre. Une lettre sans expéditeur. Ou plutôt : une lettre dont l’expéditeur se suffisait à lui-même. J’ai ouvert. Bien sûr que j’ai ouvert. Il n’y avait qu’un feuillet. Une carte crème, épaisse, presque chaude. Et ces mots, au centre : Dans la nuit de ce monde un cristal résonne l’écho de ta voix Je l’ai lu, relu. J’ai entendu ma voix en moi, comme il l’entend, peut-être. Ou comme il la rêverait. Un haïku. Un éclat minuscule. Une goutte tombée dans un lac glacé. C’est sa façon de dire je n’ai pas oublié. Ou je t’écoute même quand tu ne parles pas. Ou peut-être tu es là en moi, même loin. Je l’ai posé contre ma joue. J’ai fermé les yeux. Il y avait quelque chose ...

la lettre

 Ce soir-là vous deviez vous rendre tour deux à l'opéra. Vous n'aviez accepté d'accompagner votre amant qu'à vos conditions : pas question de vous imposer les  "divines longueurs" d'un Wagner, fût-il remis au goût du jour. Siegfrid gender fluid maniant le cocktail Molotov et Brunehilde en tresses rastas soit mais quatre heures déclamées en allemand. Il n'en était pas question. L'accord se fit donc sur un sujet plus léger, Madame Butterfly et sur une représentation en plein air dans le parc d'un château néo-classique des environs. Au pire, si le temps était frisquet, vous suivriez la représentation blottis tous les deux sous un même plaid, les doigts enlacés collés l'un à l'autre pour vous réchauffer. Hadrien achevait de se préparer et vous patientiez dans la Bibliothèque. Machinalement vous avez pris un livre, une édition bilingue d'Homère et avez commencé à le feuilleter. Soudain, une enveloppe s'échappa des pages épaisses et v...

MA demoiselle

  Je suis votre soumise, Hadrien. Vous m’avez prise. Et je vous remercie de m’avoir prise. — Mon corps est votre jouet . Ma bouche... pour obéir. Mon sexe... pour servir. Mes reins... pour plier. Je ne refuse rien. Je ne suis plus rien — que ce que vous décidez. — Je suis votre esclave. Votre chienne. Votre sale petite pute, s’il le faut. Et je vous en supplie : faites de moi ce que vous voulez. Humiliez-moi. Brisez-moi. Refaçonnez-moi. — Je suis là, nue, offerte, à genoux. Et tout en moi... vous appelle. Je suis votre demoiselle.

Pourquoi moi ?

 C'était lors d'une de nos premières rencontres. Ces instants magiques où l'on découvre tout de l'autre : son corps, son odeur, son goût même. Et puis tous ces gestes que l'on fait machinalement sous son regard alors que jamais, au grand jamais, on n'aurait osé les poser quelques semaines plus tôt. Oui, mais ça c'était avant. La séance d'hier avait été longue et rythmée de vos orgasmes et de vos cris. Quand je vous avais détachée du chevalet, vous vous étiez littéralement écroulée. Je vous ai pris dans mes bras pour vous emmener vers la salle de bain où j'avais lavé la sueur qui perlait partout sur votre corps. Puis je vous ai mis au lit, totalement abandonnée, déjà au pays des rêves ou de la jouissance. Je vous ai murmuré "Merci, Christine" à l'oreille. Vous avez esquissé un sourire endormi et articulé "Encore, encore" avant de retomber sur l'oreiller. Le matin nous trouva enlacés. Un faible rayon de soleil se frayait son...