KEndo + Réécriture (travail en cours)
C'était un bâtiment banal, un rectangle de béton couvert d'un toit plat, niché à côté de dizaines d'autres dans cette zone industrielle de banlieue. Quelques luminaires éclairaient le parking où sept ou huit voitures étaient encore parquées. En journée il devait être plein mais à cette heurs seuls les habitués du club le fréquentaient encore. Christine reconnut la voiture d'Hadrien, se gara près de lui, sortit rapidement de son véhicule. Elle resserra vivement son manteau autour d'elle. Le vent d'automne était traître. Quelques pas en direction d'une porte laissée entrouverte d'où filtrait une lumière jaunâtre. Elle entendit un cri rauque suivi du bruit de choses qui s'entrechoquent. Elle marqua un temps d'arrêt puis passa la porte. A sa droite, un comptoir d'accueil abandonné, à sa gauche un immense tapis fait de rectangles rouges et bleus disposés en damier. Devant elle un panneau indiquant des directions : vestiaire, toilettes, salle. A part elle, il n'y avait que des hommes en ce lieu, elle en dénombra six répartis sur le tapis, tous habillés de la même manière : une veste de kimono blanche et un pantalon recouvert d'une espèce de jupe-culotte noire. Elle s'était attendue à ce être dévisagée comme une bête sauvage voire envisagée comme une proie potentielle. Mais tous les regards étaient tournés vers le centre du tapis. Deux scarabées s'y tenaient face à face. A la tenue des autres pratiquants, ils avaient ajouté un masque d'escrime prolongé par un protège nuque, des gants gigantesques et un plastron qui semblait en bois verni . L'un des guerriers tenait une arme bizarre en main, une sorte de sabre droit de près d'un mètre de long, qu'il tenait braqué vers son adversaire. Le second scarabée, et Christine reconnut en lui Hadrien à sa carrure portait la même arme mais la tenait derrière lui et se présentait sans protection au combat. Ils s'observaient sans bouger d'un pas. Parfois l'un d'entre eux esquissait un micro-mouvement auquel l'autre répondait en modifiant sa position de quelques millimètres. Les spectateurs étaient figé, sauf un seul, en jupe bleue qui avançait et reculait en prenant garde de ne pas gèner les duellistes. "L'arbitre sans doute," se dit Christine. Instinctivement elle repensa à une scène de wester, un duel sous le soleil avec un fond d'harmonica et une mouche qui bourdonnaient devant des cowboys prêts à mourir. Soudain, ce fut l'explosion. Scarabée n°1 sauta en avant en abattant son sabre verticalement comme pour couper son adversaire en deux. Un geste de bûcheron qui abattait sa cognée sur une grume récalcitrante.Il hurla quelque chose que Christine ne comprit pas. Hadrien lui s'était rapidement déplacé vers son avant droit, pour échapper à l'assaut frontal. Son sabre était remonté harmonieusement à la rencontre de Scarabée et ..lui avait coupé le poignet. "Koté" rugit-il pendant que l'arbitre le désignait de son fanion. il avait gagné. L'assaut était terminé, on ôta les masques, rangea les masques et passa au salut. Hadrien prit son sac et rejoignit Christine. Il posa doucement les lèvres sur les siennes. "je passe à la douche et j'arrive". Christine ne savait que faire, alors elle se dirigea elle aussi vers les cabines. Hadrien était face à un miroir. Il voyait son visage fatigué, les poches sous ses yeux. Il repensait au combat et se dit qu'il avait été moins une. A présent que son esquive était connue il aurait intérêt à être bien plus vif pour échapper aux assauts adverses. Oui , mais il avait l'âge et nettement d'être le père des autres pratiquants..Il baissa les yeux. Christine posa la main sur son épaule puis se serra contre lui "Tu es beau, tu sais". Les yeux de son amant s'embuèrent
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