Athlone
Je ne comprends pas toujours ce qui m’arrive avec elle.
Au début, tout était clair : il fallait la prendre, la plier, la marquer. Les gestes étaient simples : corde, fouet, genoux au sol. Elle savait où se placer, moi quoi ordonner. Un rôle, presque une partition.
Mais plus je la fréquente… plus je l’apprécie. Et plus j’apprécie, moins je veux frapper.
Non que le désir s’éteigne — au contraire. Il devient autre. Moins bruyant, plus brûlant. Le besoin d’imposer se transforme en besoin de la protéger, de la garder debout tout en la maintenant à genoux.
Et pourtant… je sens qu’elle a besoin de ce cadre. Comme le pain dont on vit. Elle a besoin d’être tenue, désirée, soutenue, mais aussi contenue. Si je retire les chaînes, elle vacille. Si je les garde, moi je vacille.
Alors je marche sur un fil. Un fil tendu entre le fouet et le baiser. Entre ce qu’elle attendait et ce qu’elle n’osait pas espérer.
Peut-être que c’est ça, aimer.
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