Sérénissime
Dans Venise la rouge Pas un bateau ne bouge La lune était d'argent par dessus Murano Et la nuit étirait sur la place encore vide les ombres des fêtards aux pieds du Palazzo Cachant sous le loup noir leur visage livide Enchainée au balcon, surplombant la cité Portant la chaîne au cou et la cuir au poignet Les bras tendus bien haut , votre corps exposé Au coups de la cravache lentement oscillait. Au rythme de la houle qui soulevait vos seins La nuit se remplissait des petits cris mutins Du plaisir savouré au sein de la souffrance A chaque halètement de ce si doux supplice Pareils à la marée s'écoulaient sur vos cuisses Les flots impétueux de votre jouissance