clonmacnoise

 

Clonmacnoise

Le matin était gris et calme. Le Shannon coulait lentement entre les prairies humides. Les ruines de Clonmacnoise se dressaient comme des silhouettes de pierre : croix celtiques, tours rondes, vestiges d’églises ouvertes au ciel. Le vent faisait frissonner l’herbe et portait le cri lointain d’une oie sauvage.

Christine marchait lentement parmi les pierres. Ses pas résonnaient sur le sol de gravier. Ici, tout appelait au silence. Pas de musique, pas de combat, pas de foule : seulement l’écho de siècles éteints et le battement discret de deux cœurs encore en vie.

Elle s’arrêta devant une grande croix, pencha la tête. Puis, sans réfléchir, elle s’agenouilla. Non par soumission cette fois, mais par respect. Hadrien s’approcha. Il avait dans la main une petite boîte qu’il n’avait pas encore ouverte.

Il ne dit rien. Il s’agenouilla lui aussi, à côté d’elle. Leurs genoux touchaient la terre humide. Il prit sa main gauche, la serra. Ouvrit la boîte. Une bague : or mat, deux maillons entrelacés.

Il la passa à son doigt sans cérémonie. Juste un souffle, presque un murmure :

— Il faut que tu saches.

Rien d’autre. La phrase se perdit dans le vent. Mais pour Christine, elle résonna plus fort que n’importe quelle déclaration.

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