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Affichage des articles du février, 2019

Pourquoi j'écris ?

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J’écris parce que j’en ai envie. J'écris parce que je le dois. J’écris parce que les mots bouillonnent et doivent sortir. En d’autres temps, en d’autres lieux, j’aurais pu être peintre ou musicien et laisser mon démon s’exprimer de la sorte. Ce sont les mots qui m’ont choisi, je les aime et je leur sais gré de leur aide. Ils me soutiennent quand je vais mal, quand la douleur, la colère, la haine parfois doivent sortir. Alors je les couche sur papier et je les livre au flammes. Et dans cet holocauste minuscule s’amuissent mes sentiments. Les mots m’enchantent quand tout va bien. Ils disent mon bonheur, ma joie de vivre, la fraternité de combat et l’amour partagé. Je fais très bien les silences dans la vie réelle, quand mon esprit vagabonde, quand une femme me frôle, quand simplement j’estime que je n’ai rien à dire à mon interlocuteur et que parler n’aurait d’autre utilité que de donner de l’air à mes amygdales. Mais écrire c’est autre chose…écrire, c’est cou...

Amers

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Mes dents sont pures sous ta langue. Tu pèses sur mon cœur et gouverne mes membres. Maître du lit, ô mon amour, comme le Maître du Navire. Douce la barre à la pression du Maître, douce la vague en sa puissance. Et c’est une autre, en moi, qui geint avec le gréement…Une même vague par le monde, une même vague jusqu’à nous, au très lointain du monde et de son âge…Et tant de houle, et de partout qui monte et fraye jusqu’à nous… [...] « Tu es là, mon amour et je n’ai lieu qu’en toi. J’élèverai vers toi la source de mon être, et j’ouvrirai ma nuit de femme, plus claire que ta nuit d’homme ; et la grandeur de moi t’enseignera peut-être la grâce d’être aimé. Licence alors aux jeux du corps ! offrande, offrande, et faveur d’être ! la nuit t’ouvre une femme : son corps, ses havres, son rivage ; et sa nuit antérieure où gît toute mémoire. L’amour en fasse son repaire ! «  … Etroite ma tête entre tes mains, étroit mon front cerclé de fer. Et mon visage à consommer comme fr...

Dédition

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Genoux ouverts je veille.   Je dis ton nom de temps en temps pour en voir l'effet.   Ton nom d'homme nu, ton nom d'homme que j'aime.   Si je ferme les yeux, j'y vois la nuit.   Une étoile proche me gouverne.   Je suis sûre de ce désir.   Demain je te dirai seulement que j'ai mis longtemps à m'endormir. Mireille Sorgue (1944-1967)

Seconde naissance

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Tout a commencé sur les bancs de l'Université, dans une ville qui n'en était pas encore une. J'assistais à un exposé sur les origines de Rome donné par un des spécialistes de cette période reculée. C'était un cours austère où nous étudiions des inscriptions fragmentaires en langue archaïque , dressions des cartes de fond de cabane et nous extasions sur de la poterie noire à reflets métalliques. Et pourtant ce jour-là, le professeur était guilleret. Il nous annonça l'élection dans les rangs de l'Académie française d'une femme. Et quelle femme. Marguerite Yourcenar, véritable objet écrivant non identifié, aussi révolutionnaire dans sa vie que classique dans sa prose, géante discrète mais non débonnaire et visionnaire à tous crins. " L'avez-vous déjà lue ? " m'interpella-t-il, sans doute parce que j'étais un des rares étudiants mâles de l'assemblée. il me fallut décliner. Pourtant, à cette époque, comme beaucoup, je me...

Abécédaire

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A comme Attachée (on dit bondagée pour faire le malin). Sur une chaise, sur un lit, sur une table, à une plafond, à une poutre, debout, agenouillée, écartelée, contrainte...mille et une variantes, mille et un plaisirs. B comme Bas, s'oppose à collants, se porte autoportant ou soutenu  des jarretelles. C'est vieillot, ça tire-bouchonne trop souvent, c'est incommode mais on n'a rien trouvé de mieux pour encadrer un sexe féminin. C comme Culotte (petite) : pas de cela entre nous Mademoiselle. Ou comme Collier , l'objet phare de la relation. Se doit d'être unique. Porté dans des endroits idoines, il ne laisse place à aucune ambigüité. Exhibé ailleurs il peut prêter à rire, ce qui serait dommage. D comme Domination et son complément, -pas son contraire - la soumission. C'est une relation particulière, inégalitaire donc politiquement (très) incorrecte  mais infiniment plus subtile qu'il n'y paraît. Surtout ne jamais se fier aux a...

Mano a mano

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J'aime mes mains, Mademoiselle. Avec mes yeux, c'est la partie de mon corps que je préfère. Elles sont grandes, fortes, sèche, jamais moites. Des mains qui sont faites pour vous plaquer contre un mur ou un arbre avant que je vous embrasse fougueusement. Des mains idéales pour écarter celles que vous maintenez croisées sur votre poitrine. Des mains qui  vous maintiennent au lit pendant que mon sexe vous y cloue. A Rome la main était synonyme de pouvoir. Un propriétaire avait la haute main sur tout ce que contenait sa propriété, outils inanimés comme les instruments agricoles ou bien outils animés tels les esclaves qui maniaient les instruments en question. Dans le droit romain (et dans le nôtre jusqu'il y a quelques décennies), la femme était mineure perpétuelle. Elle passait donc de la "main" de son père à celle de son époux, puis de son fils, le veuvage survenant. Si elle restait célibataire, un frère, un cousin, un oncle, bref un mâ...

Corsetée

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Vous êtes dans la cabine d'essayage. Une fois de plus Hadrien a insisté, une fois de plus (la dernière, non peut-être pas la dernière, cela dépendra comment vous ferez l'amour tous les deux cette nuit), vous avez cédé. Face à vous, sur la tringle, il y a ce vêtement qui s'est déjà emparé de votre esprit. Vous allez lui confier votre corps, comme s'il était un amant prêt à vous prendre. Douceur du satin et de ses reflets,  vingt et un œillets de chaque côté du dos qui vous fixent, un long réseau de lacet noir...inquiétant. Vous caressez l'étoffe d'une main hésitante, sentez la ferme élasticité des baleines, l'extérieur lisse et moiré. Comment, diable, allez vous tenir là dedans ? La vendeuse, toute jupette au vent vous a laissée seule, s'offrant à venir vous aider au moindre appel. Vous l'auriez préférée plus directive, plus sévère, vous habillant comme une poupée. Mais cela sera pour plus tard, pour Celui qui vous attend. Une respiration ...

Formule

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" Je suis votre soumise, Hadrien Je suis et je serai docile à vos désirs Mon corps est l'instrument de votre plaisir Ma bouche, mes seins, mon sexe, mon cul sont à vous. Usez-en à votre volonté. Abusez-de moi, si vous le désirez Que vous me possédiez est mon plus cher désir. Je porte votre marque avec fierté Je veux être celle  que vous voulez que je sois; Votre esclave, votre chienne, votre pute; Ou quoi que ce soit qu'il vous plaira de m'ordonner. Je suis agenouillée, nue et offerte, devant vous et pour vous. Je suis votre demoiselle ." Gravez ces mots en votre esprit,  Mademoiselle, et surtout en votre cœur. Ils sont bien plus contraignants qu'une chaîne ou des rets.

Témoignage

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Générique de début d'émission : un plateau de télévision vide à l'exception d'un fauteuil rouge, dossier tourné à la caméra. On devine une silhouette d'homme, cheveux courts coupés en brosse,  ses bras musclés sont posés sur les accoudoirs. Voix Off : Nous recevons aujourd'hui, pour ce numéro exceptionnel d' Envoyé très spécial un invité particulier. Vous comprendrez en l'écoutant  qu'il ne serait pas prudent pour lui de témoigner à visage découvert. Mais nous avons enquêté et tout nous conduit à affirmer que ce qu'il dit est correct. C'est du lourd. Mais laissons la parole à notre témoin. Comment doit-on vous appeler Monsieur? Pour qui travaillez-vous ? Témoin :   vous pouvez m'appeler Boris, c'est mon nom de travail chez USP. V: Usp ? T : oui, United Slave Postage, nous copions les uniformes et les véhicules d'UPS, la firme de livraison. Les logos se ressemblent, les gens n'y voient que du feu. Mais nous sommes spécial...

Epiphanie

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"A deux doigts d'être nue sous le lin qui dansait" Depuis combien de temps ce vers vous trottait-il en tête ? depuis combien de temps attendiez-vous dans cette chambre miteuse ? Vous aimiez Brel. Fille d'un couple d'enseignant, les chansons du grand Jacques avaient bercé votre enfance. Il était pour vous, pour votre père surtout, le parangon de la poésie française. Celui - et il vous l'avait répété mille fois- qui avait su réconcilier le vers et le chant. Si votre père avait pu imaginer.... Tout avait commencé quelques jours auparavant. En relevant votre courrier, vous avez remarqué une enveloppe hors-norme, carrée en fort papier chamois. Votre nom et votre adresse y figuraient écrits  à la plume. A l'emplacement réservé pour l'expéditeur, trônait Un H majuscule, gothique, entouré de rinceaux trônait seul  à l'emplacement réservé pour l'expéditeur. A l'intérieur un bristol, priait Mademoiselle Hélène de réserver à Hadrie...

Bienvenue à la Villa

Ceci est la quatrième version de mon blog. Des précédentes, je dirai ce que Cicéron dit des membres de la conjuration de Catilina : Vixerunt  elles ont vécu. Parfois elles ont connu un succès bien relatif, le plus souvent j'ai compté les lecteurs sur les doigts d'une main. Qu'importe le passé, les pages sont faites pour être tournées, les portes pour être enfoncées. Il est donc temps à présent de reprendre le périple mi-réel, mi-rêvé d'Hadrien des Ombres, double diabolique du tenancier de ce blog et de Mademoiselle Hélène. Si je peux écrire que je suis Hadrien, comme Flaubert (non, Mademoiselle, je ne me compare pas) pouvait dire " Madame Bovary, c'est moi ", Mademoiselle Hélène est un personnage. Elle est faite d'un peu de toutes ces femmes que j'ai croisées dans ma vie, qui se sont un temps attachées à moi et que j'ai souvent attachées à un lit ou à une croix de Saint-André. Elle est aussi en partie rêvée, voire fantasmée. Et tout psychan...