Roulette
J'adore la robe que vous portez, Mademoiselle. Sans forfanterie, c'est vrai. L'étoffe est belle, pesante jusque ce qu'il faut pour mouler votre silhouette sans l'empeser. La coupe du décolleté met en valeur votre poitrine et on dirait que vous en avez choisi la teinte pour rappeler celle de vos yeux. C'est le cas? J'ai toujours su que vous aviez du goût. Mais ce serait dommage de la froisser par nos jeux. Ôtez-là donc, et posez-la sur la chaise. Oui, celle sur laquelle vous étiez assise. Et vous ? Mais agenouillée devant moi, voyons. Reprenons, savez-vous d'où me vient cet attrait pour ce vêtement ? Il faut remonter à ma grand-mère, troisième d'une série de cinq filles menée de main de maître par un père assez dirigiste. Elle était la plus vive de la troupe et celle dont les mains étaient les plus habiles aux travaux ménagers. Aussi le patriarche avait-il décidé de l'envoyer suivre des cours de coupe et de couture à la capitale. Elle prit donc ...