petit déjeuner et réécriture

  Hadrien s'était levé le premier. Il avait quitté la chambre sans bruit en prenant bien garde à ne pas réveiller Christine. Il sortit un instant sur la plage, juste pour sentir l'odeur du goémon et entendre le cri rauque des mouettes. "Pas de corbeau", se dit-il "dommage. Il regagna l'hôtel garnit un plateau de viennoiserie, d'une carafe de jus d'orange et d'une théière fumante puis regagna sa chambre -notre chambre se corrigea-t-il. Christine était assise sur le bord du lit, elle s'étira comme un chat. D'abord un bras, puis l'autre, puis le corps tout entier tendu comme un arc. -"Tu as bien dormi ?"-"Oui", répondit-elle" C'est bizarre de dormir avec un collier au cou. Je me suis réveillée une fois, je l'ai senti autour de mon cou. Il est lourd, chaud, rassurant..un peu comme toi";-"Il est moi, quand tu le portes, c'est comme si tu portais ma marque sur toi. C'est la règle". Christine opina. -"Je comprends. Et ces règles , il y en a beaucoup". Hadrien soupira "Une infinité si on veut. Prends un croissant, je t'explique : Si tu vas sur le net ou si tu commences à lire sur le sujet tu verras que le chapitre des règles est sans fin. On en invente chaque jour de nouvelles qui contredisent plus ou moins les précédentes. Cela permet de se disputer pour savoir qui est LE vrai détenteur du savoir prétendument ancestral de l'art de la domination. Moi, je suis un hérétique de toutes les Eglises et de toutes les chapelles; je prétends que les règles sont faites pour le couple et non le couple pour les règles. Par exemple un grand classique : la soumise ne croise pas les genoux. Jamais. Ce que cela veut dire est évident, son intimité est disponible pour le maître. Rien ne s'oppose à ce qu'il y porte la main, la bouche au autre chose. Maintenant, imagine, dans la vie de tous les jours le nombre de fois où tu croises et décroises les jambes sur une journée. Soit sans y penser. Soit parce que tu exprimes ta colère, ta bouderie ou ton envie de séduire. Tu devrais y renoncer . Pourquoi ? Pour te rappeler ton état de soumission. Et alors ? tu imagines la scène, tu vas à la réunion de parents de ton fils. Tu discutes avec le prof de maths et soudain tu te rends compte que tes genoux sont serrés. Tu rectifies la position..Toi, tu rougis, le prof ne comprend pas , ton fils se demande ce qui t'arrive . Et moi,je ne suis au courant de rien. flop total. Par contre, il y aura des moments, quand tu t'y attendras ou quand cela te surprendra où je te demanderai de garder les jambes écartées. mais cela aura un sens;" Christine avait enduit un croissant de confiture de fraises et y mordait à pleines dents. 'Je continue ? "Elle fit un geste de la tête tout en essuyant les miettes sur ses lèvres. La confiture tâcha le drap de lit. Elle haussa les épaules. "Autre grand classique : l'interdiction des pantalons et de la lingerie. Ici l'idée est que la soumise est une femme et qu'elle se pare de ses attributs féminins bas, talons, jupe ou robe. Bizarrement, on accepte le corset mais on refuse le string J'aime que tes seins soient libres. J'aime les apercevoir par transparence si la lumière a le bon angle; j'aime qu'ils oscillent à chacun de tes pas comme une promesse. J'aime cette main que tu poses à la base de ton cou pour les protéger quand tu te penches. J'aime aussi les voir pointer sous le tissu, quand tu as froid..-il sourit-ou très chaud" Christine avait fini le croissant et attaquait son jus d'orange. La confiture avait définitivement ruiné sa nuisette. Au moins ici, je ne devrai pas faire la lessive. Hadrien reprit : " Troisième pan de la trilogie : les poils. Sujet de discorde s'il en est. Quand Pauline Réage a écrit "Histoire d'O", les femmes en Europe ne se rasaient pas. Elles laissaient leur toison intime intacte et buissonnante. Les seuls qui s'épilaient intégralement étaient les prostituées, pour de simples raisons d'hygiène. Pour une femme "normale", ce geste de se raser avait un sens. Il la rabaissait au rang des catins. C'était un signe de disponibilité envers leur mari mais aussi envers tous les autres hommes. " Christine s'essuyait les mains avec une serviette en papier. Elle goûta son thé, y ajouta un peu de lait: "Je comprends. Tu préfères le sens du geste au geste lui-même. J'accepte le collier, les robes, les genoux, mais seulement quand nous sommes à deux. Elle posa ses lèvres sur les siennes. Un baiser court, léger, presque joueur.

— Peut-être que je me raserai… pour toi. Parce que ce sera toi qui me le demanderas. Mais pas souvent. Ce sera un cadeau. Un sexe lisse, c’est un sexe de petite fille. Et moi, avec toi, je veux être une femme. Pas une petite fille.

Hadrien sourit. Il ne dit rien.

Christine passa sa nuisette par-dessus sa tête. Le tissu glissa sur sa peau, tomba à ses pieds. Elle resta nue, droite, le regard fixe.

— Et maintenant… attache-moi au lit. Et fais-moi l’amour.



Hadrien s’était levé le premier. Il avait quitté la chambre sans bruit, prenant soin de ne pas réveiller Christine. Il sortit un instant sur la plage, juste pour sentir l’odeur du goémon et entendre le cri rauque des mouettes.
Pas de corbeau, pensa-t-il. Dommage.

Il regagna l’hôtel, garnit un plateau de viennoiseries, d’une carafe de jus d’orange et d’une théière fumante. En revenant dans la chambre — notre chambre, se corrigea-t-il —, il la trouva assise sur le bord du lit. Elle s’étirait comme un chat : d’abord un bras, puis l’autre, puis tout le corps tendu comme un arc.

— Tu as bien dormi ?
— Oui… C’est bizarre de dormir avec un collier. Je me suis réveillée une fois, je l’ai senti autour de mon cou. Il est lourd, chaud, rassurant… un peu comme toi.
— Il est moi. Quand tu le portes, c’est comme si tu portais ma marque. C’est la règle.
— Je comprends. Et ces règles… il y en a beaucoup ?

Hadrien soupira.

— Une infinité, si on veut. Si tu lis ce qu’on écrit là-dessus, tu verras : on invente chaque jour de nouvelles règles qui contredisent les précédentes. Chacun veut être le vrai détenteur du savoir ancestral de l’art de dominer. Moi, je suis hérétique de toutes les églises et de toutes les chapelles. Je prétends que les règles sont faites pour le couple, et non le couple pour les règles.

Il posa le plateau.

— Prends un croissant, je t’explique. Par exemple : “la soumise ne croise pas les genoux”. Jamais. Ça veut dire que son intimité est disponible. Mais imagine dans la vraie vie : le nombre de fois où tu croises les jambes sans y penser, ou parce que tu boude ou que tu veux séduire. Tu devrais y renoncer, juste pour te rappeler ton état de soumission. Et alors ? Tu te vois en réunion de parents, en train de parler au prof de maths de ton fils, et soudain tu réalises que tes genoux sont serrés. Tu rectifies la position. Toi, tu rougis. Le prof ne comprend pas. Ton fils se demande ce qui t’arrive. Et moi, je ne suis même pas là. Flop total.

Christine mordait dans son croissant, la confiture de fraises lui tachant la lèvre puis le drap. Elle haussa les épaules et sourit.

— Par contre, il y aura des moments où je te demanderai de garder les jambes écartées. Là, ça aura un sens.

Elle essuya les miettes d’un revers de main.

— Je continue ?

Elle fit un signe de tête.

— Autre grand classique : pas de pantalon, pas de lingerie. On veut que la soumise soit femme, avec ses attributs : bas, talons, jupes ou robes. Moi, j’aime que tes seins soient libres. J’aime les deviner sous le tissu, les voir osciller à chacun de tes pas, pointer quand tu as froid… ou très chaud.

Elle avait fini son croissant, attaqué son jus d’orange. La confiture avait ruiné sa nuisette ; elle s’en moquait.

— Troisième sujet : les poils. Quand Pauline Réage a écrit Histoire d’O, les femmes en Europe ne s’épilent pas. Seules les prostituées le faisaient, pour des raisons d’hygiène. Se raser, à l’époque, c’était un signe de disponibilité sexuelle — et pas seulement pour leur mari.

Christine posa son verre, essuya ses mains.

— Je comprends. Tu préfères le sens du geste au geste lui-même. J’accepte le collier, les robes, les genoux… mais seulement quand nous sommes à deux.

Elle se pencha vers lui, l’embrassa. Un baiser court, léger, presque joueur.

— Peut-être que je me raserai… pour toi. Parce que ce sera toi qui me le demanderas. Mais pas souvent. Ce sera un cadeau. Un sexe lisse, c’est un sexe de petite fille. Et moi, avec toi, je veux être une femme. Pas une petite fille.

Hadrien sourit. Il ne dit rien.

Christine passa sa nuisette par-dessus sa tête. Le tissu glissa sur sa peau, tomba à ses pieds. Elle resta nue, droite, le regard fixe.

— Et maintenant… attache-moi au lit. Et fais l’amour à ta soumise.




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