le rien, le tout
Lui – Le Rien
On m’a dit : « là, il n’y a rien ».
J’ai grandi avec cette phrase comme une lampe éteinte.
Alors j’ai appris à regarder sans prendre,
à demander avant d’approcher,
à laisser ma main dehors tant qu’on ne m’invite pas.
Je tiens le cadre, je garde la lenteur,
je refuse de confondre prendre et recevoir.
Un jour, dans la respiration partagée,
le « rien » a cédé : c’était un seuil.
Elle – Le Tout
On m’a dit : « cache », « tiens tes jambes », « c’est intime ».
J’ai appris le silence avant les mots.
Plus tard, j’ai nommé : vulve, clitoris, vestibule —
et la honte a reculé d’un pas.
Je ne cache pas : je garde.
J’ouvre quand je choisis, si l’on me parle juste,
si la main n’exige pas.
Alors ce que vous appeliez « rien »
devient, pour moi, tout
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