Jalousie work in progress
Aujourd'hui, tu seras punie. Pas pour ce que tu as fait mais pour ce que tu as pensé. Pour l'éclat de rage dans tes yeux quand Vérane est passée avec le plateau de boissons. Pour le regard vers sa poitrine dénudée que tu n'as pas pu t'empêcher de comparer à la tienne. Tu sais, tu as beau savoir qu'elle appartient à la maîtresse du Donjon et que toutes les règles de bienséance m'interdisent de voir en elle plus qu'un objet. Jolie certes, décorative sans doute comme un cheval Tang posé sur la cheminée ou comme une pendule Napoléon IIII bien lourde répondras-tu. Mais elle n'est qu'un objet et elle n'esta pas à moi. Tu le sais, je sais que tu le sais, je sais que tu ne peux pas t'empêcher. IL faut donc que je te corrige. Je pourrais exiger que tu me supplies de te punir, de te donner le fouet dont tu as si peur. Mais je n'en exige pas tant. Je pourrais aussi te mettre en quarantaine, dans cette cave ou au cachot. Il y fait sombre, humide et froid. Un anneau est fixé dans les moellons du mur à peut-êtreun mètre de haut. J'y attacherais ton collier, court, très court. Tu devrais rester à genoux, seule longtemps dans l'obscurité la plus complète. Tu sentirais peut-être des bêtes te frôler, des souris, des rats. Peut-être des araignées parcourraient-elles tes cuisses écartées de force ? Tu as appris comme tout le monde que l'Enfer c'est les autres. Tu découvrirais ma belle qu'il n'y a rien de pire que d'être face à toi-même. Le véritable enfer, c'est d'être loin de Dieu, c'est d'être loin de moi.Je le pourrais car j'ai tout pouvoir sur toi. Tant que tu portes mon collier er que je respecte les limites que nous avions fixées. Je ne veux pas t'infliger tout cela par plaisir mais pour que tu comprennes que tu es unique et que tu m'appartiens. Tu iras chercher Vérane, tu l'inviteras à nous rejoindre si sa Dame le permet. Tu la fers s'asseoir sur le grand pouf en cuir. Puis, nue, sans cette lingerie que je t'ai offerte et que tu aimes tant porter, tu te mettras à quatre pattes. Tu tireras la langue et tu feras reluire mes souliers, comme une chienne impudique. Et tu prendras soin que si je vois ton dos, elle ait une vue complète sur ton cul et tout le reste. Puis je la congédierai car elle n'est pas digne de voir la suite. Et je te prendrai dans les bras. Et si tu me demandes d'être pardonnée, tu le seras aussitôt.
Aujourd’hui, tu seras punie.
Non pour ce que tu as fait, mais pour ce que tu as pensé. Pour l’éclat de rage dans tes yeux quand Vérane est passée avec le plateau de boissons. Pour ce regard vers sa poitrine dénudée, que tu n’as pas pu t’empêcher de comparer à la tienne.
Tu sais pourtant qu’elle appartient à la maîtresse du Donjon, et que toutes les règles de bienséance m’interdisent de voir en elle plus qu’un objet. Jolie, certes. Décorative, sans doute, comme un cheval Tang posé sur la cheminée, ou comme une lourde pendule Napoléon III — tu répondras cela. Mais elle n’est qu’un objet, et elle n’est pas à moi. Tu le sais. Je sais que tu le sais. Je sais aussi que tu ne peux pas t’empêcher.
Il faut donc que je te corrige.
Je pourrais exiger que tu me supplies de te punir, de me réclamer le fouet que tu redoutes. Mais je n’en exige pas tant. Je pourrais aussi t’enfermer dans la cave, au cachot. Là où il fait sombre, humide, froid. Là où un anneau est fixé dans les moellons, à un mètre du sol. J’y attacherais ton collier, court, très court. Tu resterais à genoux, longtemps, seule, dans l’obscurité la plus complète. Tu sentirais peut-être des bêtes te frôler : des souris, des rats. Des araignées parcourraient tes cuisses écartées de force.
Tu as appris, comme tout le monde, que l’Enfer, ce sont les autres. Tu découvrirais, ma belle, qu’il n’y a rien de pire que d’être face à toi-même. Le véritable enfer, c’est d’être loin de Dieu. C’est d’être loin de moi.
Je le pourrais, car j’ai tout pouvoir sur toi — tant que tu portes mon collier, et tant que je respecte les limites que nous avons fixées. Je ne veux pas t’infliger tout cela par plaisir, mais pour que tu comprennes que tu es unique, et que tu m’appartiens.
Tu iras chercher Vérane. Tu l’inviteras à nous rejoindre, si sa Dame le permet. Tu la feras asseoir sur le grand pouf de cuir. Puis, nue — sans cette lingerie que je t’ai offerte et que tu aimes tant porter — tu te mettras à quatre pattes. Tu tireras la langue, et tu feras reluire mes souliers comme une chienne impudique. Et tu prendras soin que, si je vois ton dos, elle ait une vue complète sur ton cul et sur le reste.
Puis je la congédierai, car elle n’est pas digne d’assister à la suite. Et je te prendrai dans mes bras. Et si tu me demandes pardon, tu seras aussitôt pardonnée.
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Car la jalousie n’est pas un défaut, mais une preuve : tu es à moi. »
Poétique : « La jalousie est ce feu qui consume l’ombre et éclaire notre lien. »
Jalousie — note d’intention
Ce texte explore la jalousie non comme un simple sentiment, mais comme un moteur rituel.
D’un côté, la jalousie féminine, déclenchée par la présence décorative de Vérane ; de l’autre, la « jalousie » comme objet architectural : battant qui s’ouvre et se ferme, laissant passer ou bloquant la lumière.
La punition met en scène ce double mouvement : ouvrir l’intime à la honte (exposition), refermer ensuite dans l’obscurité (cachot), puis réouvrir à la grâce (pardon).
Le titre joue donc de cette ambivalence : passion violente et dispositif de clair-obscur.
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