interlude
Samedi matin
Grisaille et vent coulis. Un matin de fin d’août où l’on sent que l’automne s’installe sans bruit. Les hirondelles ont disparu. Seuls les corvidés, fidèles guetteurs, dessinent des courbes sombres dans le ciel.
Je suis resté longtemps au lit, à écouter sa voix dans ma mémoire. Pas de sexe. À peine un frisson. Juste cette tendresse immense, irréductible, qui me réchauffe de l’intérieur.
J’ai tendu la main, machinalement, vers l’autre moitié du lit. Elle n’était pas là, bien sûr. Mais l’idée même qu’elle aurait pu l’être m’a suffi.
Je ne dors plus sur le bord, comme un exilé. Même cet espace-là, je me le réapproprie.
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