fils de la terre et du ciel étoilé

 

  La mer qu’elle est

(fragments de Christine)

Je ne suis pas un feu.
Je brûle parfois, c’est vrai, mais je ne cherche pas à consumer.
Et le vent ? Il me traverse, me soulève, me bouscule — mais il n’est pas moi.
Non, je suis autre chose.

Je suis cette mer que je regarde depuis toujours, sans comprendre pourquoi elle m’apaise.
Je la sens en moi : son va-et-vient, ses marées que je ne contrôle pas,
ses vagues qui caressent ou brisent, ses fonds profonds, inaccessibles.
Je suis immense parfois. Trop.
Et pourtant je me tiens là, calme en apparence, un peu salée,
avec mes souvenirs déposés comme coquillages au creux des reins.

Je peux être douce — ou vous noyer.
Je peux prendre tout ce que vous avez à offrir,
puis tout rendre — ou rien.

On me croit fragile, mais j’use les rochers.

Il faut savoir entrer en moi.
Savoir attendre.
Savoir nager.

Je ne suis pas à dompter.
Mais si je vous choisis, je vous enlace,
jusqu’à la moelle, jusqu’au souffle.

Et si je vous repousse, ce n’est pas par cruauté.
C’est que je me protège.

Je suis la mer.
Je suis cette femme-là.

Et toi…

je sais que tu n’as jamais eu peur de te mouiller. ntre glaise et ciel

Je suis fait de glaise et d’étoiles.

La glaise colle à mes pas, lourde de fatigue, d’âge, de doutes accumulés.
Elle pèse dans mes reins, elle alourdit mon souffle, elle me rappelle tout ce que je ne suis pas encore.
Elle est ma mémoire, mes fautes, mes attaches.
Elle est l’homme en trop, l’homme d’avant, celui que je quitte sans l’avoir encore quitté.

Et pourtant…
Il y a, en moi, le souvenir d’un autre lieu.

Un lieu sans murs, sans chaînes, sans attentes.
Un lieu vertical.
Non pas la pureté, non. Mais l’alignement.
Entre ce que je pense, ce que je dis, ce que je fais.
Entre la main qui touche et l’intention qui guide.
Entre le désir et la responsabilité.

Je ne suis pas un saint.
Je suis un homme qui essaie de se tenir debout.
Un homme non aligné sur les normes, mais aligné sur son propre axe.
Un axe vacillant parfois, mais réel.

Alors je me redresse.
Pas pour plaire, ni pour séduire.
Mais parce que quelque chose en moi refuse de ramper.

Je suis fils de la Terre et du Ciel étoilé.
Et chaque matin, il me faut choisir :
Rester dans la glaise, ou tendre vers les étoile

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