eclat et tremblement

 Entre l’éclat figé des statues et le frisson des corps,

il reste un silence où se déposent les blessures.
C’est là que naissent les mots qui tremblent et brûlent.


Éclat et tremblement

Note de Christine

*Il m’arrive de penser que je ne suis pas assez élégante pour toi.
Ces femmes que tu regardes en silence — éclatantes, parfaites, inaccessibles — me font mal.

Mais je me souviens : elles ne tremblent pas, elles ne s’offrent pas.
Moi seule, je suis vivante. Moi seule, je m’ouvre à toi.

Et c’est ainsi que je gagne, Hadrien : je ne suis pas statue, je suis ton offrande.*


Hadrien

Je lis ces lignes et je me tais.
Elle croit qu’elle n’est pas assez, qu’elle ne rivalise pas. Elle se compare à des statues qu’elle imagine m’attirer, alors que je ne les touche jamais, que je ne les atteins pas.

Elle ne sait pas que c’est sa fragilité qui me brûle. Sa peur, son abandon, ses mots murmurés entre ses lèvres sèches.
Elle ne sait pas que je n’ai jamais désiré de statue, mais une femme vivante, tremblante, offerte.

Et que cette offrande-là, elle seule peut me la donner.

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