Printemps Samedi soir
L'après-midi passa comme l'éclair. Des coups frappés à la hâte sur la porte de votre chambre vous réveillèrent soudain. Vous avez entendu les cloches sonner de l'abbaye. "L'Angélus" avez-vous pensé avant qu'une poussée d'adrénaline ne vous réveille tout à fait. "Dans une heure, je dois être prête." Sauter jusqu'à la douche , y détendre vos muscles endoloris sous un jet bouillant puis paresser quelque peu sous une mousse parfumée ne prit qu'un instant. Un rapide coup de rasoir sur vos aisselles, un autre à l'entrejambe et vous voilà devant le plus grand défi : refaire votre maquillage ruiné par vos pleurs, estomper ce qui est estompable et tenter de détourner l'attention des autres dégâts de la matinée.
Heureusement qu'il ne vous fallait pas choisir votre tenue. Une cape noire, celle des pénitents ou des médecins du temps des grandes pestes vous attendait posée sur le fauteuil. Le temps d'enfiler vos talons et vous ouvriez la porte.Le couloir était plongé dans le noir, à l'exception d'une torche allumée. Vous vous en êtes saisie. Une flèche rouge au sol indiquait la route à suivre.
Vous avez suivi le couloir, bientôt guidée par le brouhaha de la fête que vous deviniez dans le lointain.
Arrivée à la porte de la salle de réception, Hadrien attendait l'air amusé. "Parfait, Mademoiselle, vous êtes à l'heure. Nous allons pouvoir passer à table pour le plat de résistance. Même s'il ne résistera guère". Il ôta votre cape et vous poussa en avant. La lumière et le bruit de la salle de réception vous déstabilisèrent. On vous poussa contre une table; Puis on vous renversa sur elle. Des mains, des liens, des cordes vous immobilisèrent. "Surtout, plus un geste à présent, je vous autorise à respirer mais à peine et toujours par le ventre". Vous étiez perdue . Mais que venaient faire vos exercices de yoga dans tout cela. On vous posa un bandeau sur les yeux. Puis vous avez senti quelque chose de frais se poser sur votre ventre et y ester. Bientôt suivi d'un autre et d'un autre encore. Un silence religieux s'était fait. Vous aviez beau essayer de compter le nombre de ces mystérieux baisers, vous n'arriviez plus à vous concentrer. "Le nyôtai-mori", Mademoiselle est une ancienne coutume nippone qui consiste à déguster des sushis à même le corps d'une geisha. Le contact avec la peau d'une femme leur confère un parfum et une sapidité toute particulière. D'anciens écrits affirment que la saveur est décuplée si la geisha qui sert de table est vierge. Mais nous nous contenterons de vous, ce soir. Surtout ne renversez rien". L'épreuve était là. Toute autre que vous aurait contracté ses muscles pour tenter de demeurer immobile. Et après quelques instants aurait failli. Vous avez fait le vide en vous, alors que vous sentiez les yeux des commensaux dardés sur la moindre parcelle de votre corps. Les baguettes vous frôlaient, parfois excitaient l'un de vos tétons. De temps en temps un peu de sauce (Soja ? Nuoc man ? ) tombait en gouttes sur votre ventre et il vous fallait lutter à la fois contre la surprise et la tentation de vous essuyer. Vous vous sentiez souillée et sublimée à la fois. Etre le centre de l'attention de toute une communauté, faire la fierté de votre maître, cela valait bien ces pleins moments d'abandon qu'il vous offraient. Quelques rires gras s'élevèrent du fond de la salle. Une voix avinée proposait de placer des tranches de poisson dans votre intimité afin de les parfumer. Une simple injonction d'Hadrien la fit taire.
Les bruits décrurent. Au travers du bandeau vous perçûtes que les lumières baissaient. La fête se terminait ou se déplaçait ailleurs pour d'autres jeux. Vous avez senti la main d'Hadrien, que vous auriez reconnue entre mille se poser sur votre joue. "Je suis fier de vous, Mademoiselle" l'avez-vous entendu murmurer. "Il est temps que je vous récompense".
Il passa sur le petit côté de la table, se saisit de vos jambes et vous tira jusqu'à lui . Il déposa vos jambes sur ses épaules et d'un seul coup vous pénétra.
Vous l'avez accueillie comme on accueille un Dieu, faisant rouler vos hanches pour venir à la rencontre de son sexe. Quand il jouit en vous, vos cris n'en finissaient pas.
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