Nuit de carnaval
Dansent les Colombines
Passent les Arlequins
Et les dames en crinoline
Tenant en laisse leurs faquins
Douze coups ont sonné minuit
Et la ville est pleine de feux
Le chevaux de bronze ont henni
Voici Carnaval et ses jeux.
Sous le pont file une gondole
Emportant sans même un soupir
La prisonnière vers sa geôle
Où l'attend le sort qu'elle désire.
Deux masques sur le parvis se croisent
On se jauge et on se convient
Pas plus d'embarras que de noise
Je suis à toi et tu es mien.
Au Casino roulent les dés
Un pucelage, tel est l'enjeu
Ira-t-il à ce vieil abbé ?
Ou à la dame aux yeux de feu ?
Tu trembles dans la robe de soie.
Qui devait plaire à ton amant.
Il l'a déchirée malgré toi
Sur ton cou s'impriment ses dents
Le suivras-tu s'il te délaisse ?
Qu'importe s'il te quitte demain
Avec son collier et sa laisse
Aujourd'hui tu combles ta faim
Ecartelée dans la chapelle
Nue telle à son premier jour
La pénitente se rappelle
Les péchés qu'elle fit par amour
Autour d'elle de curieux moines
Alternent versets et répons
Et un très bedonnant chanoine
L'encule au son du bourdon
Sous l'éclat des lustres en cristal
Le Palais brille dans la nuit
Et l'orchestre qui donne le bal
de tout ses ors resplendit
Un seigneur baise une drôlesse
Des esclaves nus passent les plats
Un belle empourpre les fesses
D'un mécréant aux cheveux ras.
Ainsi vont la fête et la vie
Jouissez, aimez et buvez
Forniquez jusqu'à la folie
Demain n'est pas encore né.
Dansent les Colombines
Pansent les Arlequins
Et les Dames en crinoline
Tenant en laisse leurs faquins.
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