Djinnia

Nue, seule

au sol

prostrée,



j'attends

mi folle

les yeux bandés

De soie parée
orange et verte
ma peau offerte

tremble et frisonne 
au vent coulis
Et sonne minuit

Mes seins sont lourds
L'acier me pince
la peine en sourd
le désir aussi 

Le temps bat l'amble 
avec lenteur
Et la  minute semble être une heure

La porte grince, le parquet crisse
Je me redresse me fais statue
je sens ses yeux qui me dénudent

Sa main se pose
Sur mon épaule
je capitule, je suis sa chose

mes lèvres s'ourlent, 
mes bras s'écartent
dans mon bas ventre
hurle la houle

ma chair est miel
mon ventre est feu
mon esprit tangue
je suis aux cieux

Mon front au sol
pour l'honorer
perle une larme
sur le plancher

nue seule
pour lui
au sol prostrée
sienne à jamais
je suis en paix.





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