Rendez-vous

Vous roulez jusqu'au point de rendez-vous, loin dans les campagnes. Le paquet sur le siège passager semblait vous narguer. Carré, en carton blanc, décoré d'un ruban écarlate large d'un pouce, il portait la marque d'un célèbre love shop parisien en dessous de laquelle était fixée une étiquette ornée d'un H en caractère gothique. La clé USB qui l'accompagnait était à présent fichée dans votre tableau de bord. Vous aviez par trois fois écouté les instructions. D'abord incrédule, puis franchement amusée, vous vous étiez demandé un moment si vous oseriez. Puis, votre décision prise, vous aviez quitté l'autoroute pour gagner la destination demandée.


Arriver au village ne fut qu'une formalité. Le traverser, prendre la départementale qui menait à Saint-Philibert, trouver la chapelle abandonnée, tout cela se fit comme dans un rêve. Vous vous êtes garée, le long du mur de l'édifice.
Une grande respiration et, bizarrement, vous vint l'envie d'une cigarette. "Non," avez-vous pensé, "cela me donnerait mauvaise haleine". Vous avez ouvert le fameux cadeau. Deux objets, comme prévu. De cuir et d'acier. Vos initiales étaient gravées sur chacun d'entre eux. Puis vous êtes sortie de la voiture. Tête basse, tournée vers le mur, vous avez relevé votre jupe pour ôter votre string. Puis vous avez croisé les bras et fait passer votre pull au-dessus de votre tête. Le soutien-gorge a suivi. Protégeant votre poitrine d'une main, vous avez contourné votre voiture et pris place sur le siège de droite. Le pire était à venir.




D'abord se saisir du lourd collier et le boucler autour de votre cou. Ce n'était pas un collier ordinaire, comme on en met aux chiennes à deux ou à quatre pattes. Celui-ci était de cuir fauve, cousu au point sellier et se prolongeait par une bande descendant à la naissance de vos seins. Là un anneau d'acier froid ne laissait aucun doute sur ce qu'il pouvait signifier. Puis prendre les menottes, emprisonner votre poignet droit et passer l'autre extrémité à la poignée de maintien, au-dessus de la portière. Vêtue de votre seule jupe, le collier au cou, attachée, vous pouviez difficilement être plus exposée. Pour obéir entièrement, vous le saviez, il vous restait à ne pas croiser les jambes. Il vous fallut lutter un instant pour le faire, mais vous vous êtes rejetée en arrière sur le siège et avez laisser vos cuisses s'entrouvrir.


Quand vous avez entendu un bruit de moteur, vous avez fermé les yeux et tenté de contrôler votre respiration qui s'emballait. "Pourvu", avez-vous pensé en serrant les yeux très fort, "Pourvu..". Puis la portière gauche de la voiture s'est ouverte et vous avez perçu l'effluve d'un parfum familier. Les lèvres d'Hadrien se sont posées sur les vôtres et vous avez ouvert les yeux. Le désir luisait dans les siens

-"Vous êtes parfaite, Mademoiselle".

-"Merci, ....Maître" avez-vous soupiré.

Hadrien avait tourné la clé de contact et commençait à manœuvrer.

-"Maître, puis-je vous demander ?"

-"Oui, bien entendu"..

-"Où m'emmenez-vous"?

- "Est-ce important ? " répondit Hadrien.

Vous avez réfléchi quelques secondes et haussé les épaules.

-"Non, pas vraiment". Vous avez souri . "Puisque je vous appartiens"



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